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Est-ce que nous mangeons des aliments GM?

Selon la définition de la Commission de l’éthique en science et en technologie du Québec, un organisme génétiquement modifié (OGM) est « un microorganisme, une plante ou un animal dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique pour lui attribuer des caractéristiques qu’il ne possède pas du tout ou qu’il possède déjà, mais à un degré jugé insatisfaisant à son état naturel, ou pour lui enlever ou atténuer certaines caractéristiques jugées indésirables ».

Bien que les techniques de modification génétique soient variées, la plus communément utilisée est celle de la transgénèse, qui transfère, grâce au génie génétique, des gènes entre des espèces ou variétés qui ne pourraient pas par ailleurs être hybridées ou autofécondées. Depuis quelques années, l’industrie des biotechnologies s’oriente vers la création de « nouveaux OGM », ces derniers posant toujours les mêmes problématiques.

L’autofécondation et l’hybridation sont des méthodes ancestrales employées par les sociétés humaines pour obtenir des variétés correspondant mieux à leurs besoins et souhaits. La plupart des plantes cultivées et des animaux domestiques que nous connaissons aujourd’hui ont été soumis à cette sélection génétique au fil des siècles. La rose, à l’origine une fleur simple nommée églantier, se décline maintenant en plus de 3000 cultivars!

Difficile de nous faire croire que nous avons besoin d’organismes génétiquement modifiés pour nourrir la planète quand nous mesurons le gaspillage des pays industrialisés. Alors qu’en est-il au juste de notre assiette, ici au Québec?

Il faut savoir que les produits GM sont fabriqués par cinq pays dont le Canada. Ces pays en produisent plus que les 178 autres pays du globe! Les OGM étant normalement destinés aux animaux, les végétariens seraient à l’abri mais ce n’est pas tout à fait le cas : en effet, 4 grandes cultures se partagent 99% des OGM commercialisés dans le monde. Ce sont le soya, le maïs, le coton et le canola. Il y a donc très peu de fruits ou de légumes GM dans les épiceries cependant, en lisant les étiquettes des produits transformés, on constate qu’une très grande majorité contiennent des dérivées de soya, de maïs ou de canola. Voilà où nous sommes piégés!

On ne peut pas parler de cultures OGM sans parler de pesticides car l’un fait vendre l’autre! Après plus de 20 ans, 88 % des OGM commercialisés dans le monde sont créés pour tolérer un herbicide dit total, dont le fameux Roundup, un herbicide à base de glyphosate. Au Québec, grand producteur d’OGM, les pesticides à base de glyphosate représentent 44 % des ventes globales et leur vente a augmenté de 66% de 2006 à 2015.

En attendant l’étiquetage obligatoire, il ne nous reste plus qu’à éviter toute l’alimentation industrielle et à exiger du Bio.